Mohammed Khadda
1930 - 1991
Il est considéré comme l’un des fondateurs de la peinture contemporaine algérienne et un pilier du mouvement des peintres du signe. Peintre, sculpteur et graveur, il élabore dès les années 1950 un langage plastique singulier, nourri à la fois par l’abstraction lyrique, les avant-gardes européennes et un profond enracinement dans la culture maghrébine. Formé à Paris à l’Académie de la Grande Chaumière après un parcours autodidacte, il mêle calligraphie arabe, signes berbères et formes abstraites pour créer une œuvre dense, poétique et engagée. De retour en Algérie après l’indépendance, il s’investit pleinement dans la construction culturelle du pays, cofonde l’Union nationale des arts plastiques (UNAP) et joue un rôle essentiel dans la transmission et la formation des jeunes artistes. Il meurt en 1991, laissant une œuvre riche, à la fois poétique et politique, qui a profondément marqué l’histoire de l’art en Algérie et au-delà. Son style abstrait, structuré autour de signes calligraphiques, de tracés géométriques et de rythmes modulés, reflète une fusion entre modernité occidentale et héritage culturel maghrébin. Ses toiles s’inspirent des motifs traditionnels (écriture arabe, décor architectural, motifs berbères), mais les recomposent dans une esthétique épurée, souvent monochrome ou bicolore, jouant sur les textures et les superpositions. Son travail sur la calligraphie est central : il en extrait les lignes, les courbes et les boucles pour les faire vibrer comme des formes plastiques, détachées de toute fonction littérale. Le résultat est une œuvre silencieuse, méditative, souvent proche du lyrisme gestuel.
Son œuvre, exposée en Algérie et à l’international, incarne un dialogue vivant entre tradition et modernité, mémoire et invention, identité et universalité.




